Au temps jadis ...

Conférence - Les poissons des bords de Rhône

A la découverte des salades sauvages



Compte rendu de la sortie de l’après-midi du 9 mars 2017



Le parcours judicieusement tracé offrait sur une courte distance des milieux très différents. Au départ dans les ruelles de la haute cité, seuls les interstices entre les bordures de trottoirs ou entre les pavés nous ont offert les premiers spécimens de salades sauvages. En  sortant du bourg nous avons cheminé parmi les versants pierreux de la petite barre rocheuse qui, au soleil,  malgré un sol relativement pauvre, se sont révélés bien plus riches en diversité. Sur la barre rocheuse elle-même, toujours la même diversité, mais il faut avouer que la magnifique lumière de ce bel après-midi de printemps invitait à contempler, aussi, la chaîne du Lubéron, les monts de Vaucluse et la vallée à nos pieds. Nous sommes redescendus vers la retenue du petit barrage au pied duquel, dans un vallon moins sec, nous avons trouvé  quelques espèces qui semblaient apprécier cette relative humidité. Et puis nous avons repris le chemin de nos voitures en reconnaissant nos premières découvertes dans les ruelles, entre les pierres, au pied-même des maisons. C’est ainsi que nous avons successivement pu observer :

Le Laiteron potager  (Sonchus oleraceus L.)  Astéracée.
La Fausse roquette  (Diplotaxis erucoïdes L.)  Brassicacée.
L’Herbe rousse / Crepide de Nimes  (Crepis sancta L.) Astéracée.
Le Mouron des oiseaux / Stellaire intermédiaire (Stellaria media) Caryophyllacée.


La  Capselle bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris L)  Brassicacée.
La Crépide à feuille de capselle / Fausse bourse-à-pasteur (Crepis bursifolia L.) Astéracée.



La Laitue scariole / Saint Joseph (Lactuca sativa L.) Astéracée.
L’Arrucat / Crépide à feuilles de pissenlit (Crepis vesicaria L.) Astéracée.
Le Pissenlit (Taraxacum sp.) Astéracée.
La Cousteline / Reichardie fausse picride  (Reichardia picroïdes) Astéracée.
La Cardamine hérissée / Cressonnette (Cardamina hirsuta) Brassicacée.
La Roquette jaune (Diplotaxis tenuifolia L.) Brassicacée.
Le Salsifis à feuilles de poireau / Barbabouc (Tragopogon) Astéracée.
La Laitue vireuse (Lactuca virosa)  Astéracée. Psychotrope !
Le Souci  des champs (Calendula arvensis) Astéracée.
La Pimprenelle. (Sanguisorba minor) Rosacée.
Le Coquelicot (Papaver rhoeas) Papavéracée.
Le Tabouret (Thlaspi perfoliatum) Brassicacée.
L’Orpin blanc,  (Sedum album) Crassulacée.



Quelques plants d’Asperges sauvages ainsi que de nombreux Poireaux, mais ne nous écartons nous du but de la sortie !!

Sur la paroi et les versants pierreux de la petite falaise que nous gravissons les Giroflées sauvages (Erysimum cheiri) sont en fleurs, Marie-Thérèse nous rappelle que c’est la seule plante toxique dans la famille des Brassicacées.










La  Gallinette / Scorsonère à feuilles laciniées  (Scorzonera laciniata) Astéracée.
Le Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris) Crassulacée.


 
La Laitue vivace / Bréou (Lactuca perennis) Astéracée.
La Laitue des vignes (Lactuca viminea) Astéracée.  Amère !!
La Chicorée à la bûche / Chondrille à feuilles de jonc (Chondrilla juncea L.) Astéracée.
Le Laiteron rude (Sonchus asper) Astéraceé.
Le Pissenlit luisant /Pissenlit obovale (Taraxatum obovatum) Astéracée.
Planche de photos famille des Astéracées ci-dessous



L’épilobe / Doucette d’eau (Epilobium tetragonum L .) Onagracée.

Epilobium sp

Si, comme nous l’avons dit en introduction, le sentier était judicieusement choisi pour la diversité des sols et des orientations qu’il offrait et donc pour la variété des spécimens botaniques qui en découlait, il serait injuste de ne pas consacrer quelques mots aux vestiges architecturaux et autres témoignages de l’histoire du bourg qu’il nous a révélés. Une fois sortis des dernières ruelles, au pied de l’étroite arête rocheuse qui nous domine, nous sommes frappés par les vestiges des remparts qui nous entourent. Plus surprenante que la hauteur de certains pans de murs isolés c’est leur construction en opus spicatum – ou en arêtes de poisson, ou en épi - avec un mortier de torchis et de chaux qui est remarquable.


La première enceinte du XIème siècle sera agrandie et remaniée plusieurs fois jusqu’en 1510. Ce système défensif est renforcé par des tours carrées faisant saillie et des portes dont subsistent ogives et arceaux. Au sommet de l’éperon rocheux se dresse la chapelle du XIème siècle, dite du Calvaire, consacrée… à Saint Saturnin, que nous avons pu visiter grâce à une gentille attention de Mme la garde-champêtre fortuitement rencontrée. A nos pieds, tout en contrebas du rocher, vers l’ouest, une surprenante retenue d’eau : il s’agit d’un barrage destiné à compenser les défaillances des sources et des citernes pour répondre aux besoins croissants d’une population en forte augmentation au cours des années. Un premier barrage est construit en 1836 (commencé en 1763 ?) il est alimenté par un système de rigoles qui recueillent les eaux de pluie sur la colline alentour. Le barrage actuel a été reconstruit en 1902… et l’eau qui est dans la retenue, depuis quelques décennies, provient du Canal de Provence qui traverse le Luberon par un tunnel.

Nous tenons à remercier Hélène Thévenin pour les précisions historiques et architecturales qu’elle nous a apportées.

 Le 24 mars Henri Vallat et M.T. Ziano